PapGeek & Charlie

charlieJ’étais prêt à vous écrire un petit mot sur mes 20 ans d’Internet qui arrivent ce premier février. Mais l’actualité m’a coupée l’herbe sous le pied et nous a ramenée à une réalité abominable.

Le logo de ce dessin vous suffira sans que j’ai besoin de rappeler ces jours d’une tristesse profonde qui ont touchés des millions de personnes sur la planète et ont fait se déplacer et se rassembler plus de 4 millions d’individus sur le sol français et à l’étranger.

Cette journée mémorable est bien connue de ma pomme puisque c’était… mon anniversaire ! Du coup, plutôt que de vous parler des débuts de l’Internet de PapGeek, j’ai choisi de vous expliquer mon rapport avec Charlie Hebdo.

Ça commence en fait avec Hara Kiri à partir du milieu des années 70. Hara Kiri était un journal sulfureux, hard, aujourd’hui on dirait « trash » ou même « trash hardcore ». Il y avait des sujets, des dessins et des histoires super marrantes qui côtoyaient du cul et du scato. Si à l’âge de l’adolescence le premier n’est pas pour déplaire, le second n’a jamais été ma tasse de thé, même noyé dans l’humour. Et c’est toujours avec un sentiment mitigé que j’abordais ce canard ne sachant pas très bien où tout cela allait.

Charlie Hebdo existait déjà mais je ne m’y étais pas intéressé. Je lisais Hara Kiri très occasionnellement car à 15/16 ans on vous regardait d’un sale œil chez le libraire si jamais vous preniez ce canard. De plus, vu son format on pouvait difficilement le planquer sous un Kit Kat ou un Mars. J’étais plus sous influence Canard Enchainé que j’ai commencé à lire pendant la période Giscard. À ce moment là, c’était Renaud dans les oreilles, le Canard pour les yeux, les deux pour le cerveau. D’ailleurs, les paroles d’Hexagone sonnent étrangement aujourd’hui : « Ils s’embrassent au mois de janvier / Car une nouvelle année commence / Mais depuis des éternités / Elle a pas tellement changé, la France »

C’est en fait vers la fin du règne de Giscard que je vais commencer à lire Charlie Hebdo. Je ne sais plus pour quelle raison, mais on sentait que le vent avait des chances de tourner aux prochaines élections et on avait besoin d’assouvir notre soif de lecture, d’indépendance de pensée (vis à vis de la famille et de l’entourage) et de rébellion parce que c’est l’âge qui veut ça. C’est d’ailleurs l’époque de mes premières grèves au collège puis au lycée et les premières consciences politiques. Je me souviens m’être fait ranger dans la case « anarchiste » parce que lors d’une rédac’ j’avais rendu un sujet qui parlait du Canard et de Charlie. Je n’y suis pas resté longtemps dans ce lycée…

Et bizarrement, peu après 1981 et les changements historiques à la tête de l’état un certain 10 Mai, Charlie a cessé de sortir faute de lecteurs. Je dis bizarrement, mais un autre journal, le Matin de Paris a connu le même sort moins rapidement mais tout aussi surement que le Charlie de l’époque.

Puis dans les années 1990 Charlie ressort. Je me souviens qu’il était arrivé entre envie et suspicion. Puis peu à peu, il a refait sa place et je me suis mis à le relire régulièrement. L’hebdo avait changé, l’équipe aussi, le ton était sensiblement le même mais PapGeek grandissait aussi.

Au fur et à mesure du temps, la lecture devenait de plus en plus sporadique, les centres d’intérêt changeaient, famille naissante et boulot prenant ne laissant plus beaucoup de place à grand chose. Bien entendu, je suivais ce qui se disait, je lisais toujours le Canard régulièrement. Je me souviens de problèmes au sein de la rédaction, de différents entre les rédacteurs. J’ai bien entendu suivi l’affaire des caricatures et autres démêlés de Charlie, acheté de nouveau un ou deux numéros, mais il n’y avait plus le sens que j’y apportais plus jeune.

Et jusqu’à ce jour du 7 Janvier 2015, je n’avais plus songé à racheter un numéro de Charlie. C’était devenu une partie de mon histoire. Connue de ma famille apparemment puisque j’ai reçu pour cadeau de Noël 2014 un très beau et gros livre reprenant l’intégralité des couvertures de Charlie Hebdo de 1969 à 1981.

À titre individuel j’ai supporté comme beaucoup le slogan repris dans l’illustration de ce  billet sur les réseaux sociaux. Je ne me suis pas déplacé au rassemblement à Paris, privilégiant pour mon anniversaire une petite balade en famille dans notre village.

Et j’ai pris un abonnement à Charlie Hebdo

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